Et la quatrième partie de mon récit est là ! L’avant dernière… je laisse son lien pour ceux qui préfèreraient voir sur Facebook et le texte pour les lecteurs sur cette plateforme !

Après le café littéraire pendant lequel des éducateurs, amis du livre, conteurs… ont été brièvement présentés pour donner un avant-goût de ce qui attendait les festivaliers lors de la soirée consacrée au conte, imminente ; nous convergions à nouveau vers la cour de feu Ahoko Kouah’in pour le festin avant le grand regroupement sur la place du village. Oui, un festin, et je n’en fais pas trop ! Nous mangeâmes… et bien ! Du placali à la sauce djoumgblé, du tchêp, du riz accompagné de diverses sauces… Que c’était bon ! Nous mangeâmes à satiété et certains d’entre nous ne rechignions pas à manger une nouvelle fois. Ce n’est pas tant que nous étions gourmands. C’est plus que, en de telles circonstances, nous devions faire « Un » avec l’environnement… manger comme de bons villageois et non pas comme des citadins qui ont de tristes mets flottants dans leurs vastes couverts.

Après le rafraîchissement, nous fûmes orientés pour pouvoir nous débarbouiller et nous reposer un laps de temps avant de nous retrouver plus tard. Cette fois, je prévenais Herman Bleoue qui m’avait dit avoir toqué à la porte de mon logis en vain pour qu’on aille à la nuit des contes, lors de la 6ème édition, de ne surtout pas s’en aller cette fois, tant que je ne serais pas réveillée, au cas où je me serais à nouveau endormie.

Je m’apprêtais encore quand j’entendis la voix raisonnante de l’animateur annoncer le début des activités vespérales, depuis la place publique. Je fus de même interpellée lors du passage du Commissaire. Ah ! Le village ! Ses moyens de communication ! Un homme ou une femme passe par-là, annonce une nouvelle à haute voix et le tour est joué !

Je rejoignis les autres et ce fut un vrai spectacle… Avec une dizaine de conteurs. Nombreux d’entre nous étions assis sur des chaises sous les bâches quand les plus jeunes étaient au cœur de la place publique, autour des conteurs qui se succédaient sur scène. Le feu de bois aussi au cœur de la place n’était pas qu’esthétique ! Des ignames et des bananes en ressortaient cuites, pour le bonheur du public auquel elles étaient servies.

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Quelques contes et leurs morales

✨L’histoire de Nanwélé, le petit singe✨

Le conteur Seydou Gougna nous conta un conte issu de la culture Djimini. Il nous apprit que Nanwélé signifie :
« Regardez-moi ». Le petit singe Nanwélé était un modèle pour la société ivoirienne. Serviable, il ne laissait jamais passer une personne âgée avec une charge sans la décharger. Nanwélé était travailleur, respectueux, bon élève. Toute la savane ivoirienne l’admirait. C’était l’époque où les Hommes et les animaux vivaient ensemble. Un jour, Bosso, l’être qui ne parlait pas beaucoup – Il ne disait que deux mots : bonjour et merci -, étrange… le regard perçant, le front plissé… Celui qui ne connaissait la route du champ mais mangeait à satiété, celui qui ne connaissait pas la route du marigot mais buvait à sa soif, convoqua  Nanwélé qui fut étonné de cette convocation.

– Comment se fait-il que toi qui ne parles presque jamais, demande à me parler ? Questionna-t-il, à la fois curieux et inquiet.

– Je ne viens que rarement dans ce monde, je suis un génie, confia Bosso. Je viens quand des personnes se comportent de façon aussi exemplaire que toi. Je suis plusieurs fois venu mais j’ai été déçu par l’attitude des hommes. Les hommes, méchants, égoïstes… les hommes qui bâtissent un monde dans lequel certains meurent de faim alors que tout le monde peut être comblé comme ailleurs…

Bosso dit à Nanwélé qu’il était là pour deux choses précises :

Exécuter le vœu du petit singe. Nanwélé pouvait en outre, faire sept vœux, en raison d’un voeu par jour. Le petit singe sortit de la case et en tant que singe, il demanda que de grands arbres 🌲 🌳 poussent. C’est grâce à Nanwélé que la terre est ornée d’arbres. Nanwélé, l’exemple, fit plusieurs vœux dont celui de parler comme les hommes. Tous ses projets de bonheur pour les hommes, il avait encore le temps de les faire réaliser par le génie… le sixième jour, Nanwélé se promenant, marcha dans les braises d’une vieille femme. Il se pensait « invincible ». Seulement, cette vieille femme n’était pas une personne ordinaire… La douleur de la brûlure fit crier Nanwélé de toutes ses forces, au point de perdre la voix. Le septième jour, Nanwélé ne pouvait plus parler pour faire son vœu, pour que la famine et toutes les souffrances quittent la terre.

✨La raison de la forme aplatie de l’araignée✨

Thérèse Adjoua Yao nous a expliqué, avec un fond musical typique grâce à leurs chansons et au xylophone fait maison d’Elie ainsi que l’Ahoko de la conteuse, comment Akêdêwa l’araignée s’est retrouvée toute plate.

Lorsque les hommes et les animaux vivaient encore dans le même village, il eut une grande famine. Akêdêwa l’araignée alla alors demander la permission au chef du village, afin de faire son champ d’ignames dans la forêt sacrée. « Forêt sacrée dis-tu ? » Questionna et s’exclama le chef. Malgré les avertissements et le refus du chef, l’araignée s’entêta à faire sa culture dans le lieu sacré. C’est ainsi qu’il s’y rendit avec son coupe-coupe. A peine avait-il entamé son labeur que deux petits êtres apparurent.

– N’a-t-on pas dit que la forêt n’est pas habitée ? Les enfants, que faites-vous ici ? Questionna-t-elle.

– Nous sommes venus aider nos parents qui sont de l’autre côté de la forêt. Laissez-nous vous aider. Nous ne demandons rien en retour. Notre seule récompense sera une taloche au milieu de votre tête, le travail terminé.

Un côcôta, un atchôliè… de petits enfants, qu’est-ce que cela pourrait bien faire à Akêdêwa ? Elle accepta le marché. Très vite, les enfants qui étaient en fait des pygmées, finirent le travail. C’était le moment du respect de l’engagement. L’araignée mit sa tête à la disposition des petits êtes qui se projetèrent dans les airs avant de redescendre donner la taloche qui raisonna… Akêdêwa était à même le sol… Elle se débattit jusqu’au lendemain. C’est le matin qu’elle put revenir à elle-même et rentrer au village. L’araignée rassura tout le monde. Elle dit être restée tout ce temps dans la forêt pour mieux travailler… et suggéra à sa femme de s’y rendre à son tour, après deux semaines, pour la suite du travail. Le même scénario se répéta. L’épouse d’Akêdêwa ayant défait son foulard et laissé apparaître des cheveux grisonnants, reçu un côcôta qui lui fit perdre ses moyens jusqu’au lendemain, pour avoir accepté le même pacte que son mari.

« Alors donc, c’est ce qui se passe ici alors que mon mari ne m’a rien dit ? » Avant de rentrer au village, madame coupa une liane dont la sève avait la couleur du sang et mît un peu de cette sève sur la lame de sa machette et dans son pagne. Elle attacha son foulard comme une guerrière et prît la direction du village. Tout le monde l’attendait, inquiet, surtout que c’était une femme. Son mari la questionnait du regard… à la maison, elle lui dit avoir tué les pygmées. Très heureux, Akêdêwa sortit sa guitare et se mit à chanter. Le lendemain, monsieur le mari prît la direction du champ dans la forêt sacrée. A peine avait-il fait une butte que les pygmées étaient là.

– Ma femme a dit vous avoir tués ! Ou bien ce sont vos frères ? Êtes-vous nombreux dans votre famille?

Akêdêwa voulut s’échapper mais les pygmées la rattrapèrent très vite. L’un d’entre eux la retenait quand l’autre faisait les buttes, ils procédèrent ainsi à tour de rôle. Le travail terminé… C’est avec la dernière énergie que les pygmées, ayant prit leur élan dans les airs, redescendirent sur la tête d’Akêdêwa qui resta aplanie au sol.


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