Lorsque mes oreilles ont recueilli la nouvelle d’un festival de contes qui se tiendrait dans les entrailles de mon pays que je désire ardemment découvrir de fond en comble,
mes sens n’ont été que charmés, en transe. Mon esprit voyageait déjà, je sentais déjà la vie, la nature, l’essence du naturel, la magie de ces instants que l’on trouve dans les livres, dans un moment cadeau-divin, que l’on veut prolonger pour l’éternité. C’est alors naturellement qu’après ma participation l’année dernière à la 6ème édition du Festival Ahoko Kouah’in de contes de Krigambo (Bouaflé), à l’orée des territoires des peuples et des cultures de l’Ouest ivoirien, je me promettais d’être une femme fidèle à la rencontre… Je m’étais promis de ne pas rater, pour la 7ème édition, le point que je considère comme l’âme même du festival, la nuit des contes. L’année dernière, disant me reposer un moment, j’avais dormi et raté cette partie essentielle de la célébration !

14, 15 et 16 février 2020, trois jours pour visiter et revisiter la culture ivoirienne. Je n’ai par ailleurs, pour cette fois, pu quitter Abidjan pour Krigambo que samedi matin, 15 février, pour des raisons bien fâcheuses alors qu’en 2019, j’étais présente le premier jour même du festival.

Le rendez-vous avec mon ami journaliste pour aller à Bouaflé puis rejoindre Krigambo était pris pour bien tôt le matin. Mon réveil sonnait à 5 h. Quand tu dois passer par nos gares routières, tu dois te préparer… surtout psychologiquement. Le secteur est loin d’être bien organisé ! Voyager confortablement est un bien grand luxe qui n’est donc toujours que rarement existant ! Mon légendaire sac « Africa » dans mon dos, simplement vêtue, je me rendais à la gare du regretté pionnier de l’Union des Transporteurs de Bouaké. Tickets pris pour Bouaflé. Nous devions embarquer dans le car pour Daloa, le troisième départ, et descendre à l’escale « Bouaflé ».

Nous démarions pratiquement à l’heure convenue. 8 h 30, sans grande déconvenue. La compagnie a la bonne réputation de respecter, le plus souvent, ses horaires de départ. Elle est en tout cas, en la matière, de loin, l’une des plus fiables. Nous étions donc sur la bonne voie pour arriver à Bouaflé en début d’après-midi. Mais, c’était sans compter les heures d’embouteillages à subir avant de sortir d’Abidjan. Nombreux d’entre nous en profitions pour piquer des sommes et reposer esprits et corps vraisemblablement éprouvés.

Arrivée à Bouaflé et départ pour Krigambo

A part la pénible expérience des embouteillages, le voyage fut quand même agréable. Nous arrivâmes dans la ville violet-blanc début d’après-midi. Après avoir vidé vessies dans des toilettes publiques – Ah ! Les toilettes publiques ! Les toilettes publiques des gares ! On paye parfois 50 francs par personne pour les besoins pressants… Mais comment sont ces toilettes ? L’argent ne devrait pas être le point essentiel. L’hygiène, on la met où ? Les toilettes que j’ai utilisé à la gare CTE de Bouaflé en rentrant sur Abidjan… Si on pouvait, on préférerait se faire pipi ou popo dessus !!! -, nous nous renseignions pour la gare des taxis qui nous permettraient d’aller dans le village, future capitale du conte dont la sous-préfecture est Pakouabo. Une belle petite foule attendait déjà, là. Les véhicules étaient garés. Des groupes d’hommes formés.

– Deux tickets pour Krigambo, dit mon ami Herman Bleoue, dans la mouvance du protocole requis.

– 700 FCFA, répondit l’homme derrière sa sorte de comptoir.

Ça faisait donc 1400 FCFA à payer pour nous deux. Seulement, le « guichetier » n’avait pas de ticket… à nous donner. Il disait ne plus en avoir. Ça commençait bien ! Je pensais à l’option de nous faire des notes sur papier qui prouveraient l’achat mais ça l’aurait peut-être irrité. Nos parents là sont parfois à fleur de peau, pour peu ! Ils pensent que le monde se limite à leur territoire où ils dictent leurs lois et que personne n’a aucun droit à faire valoir. Voilà qu’évoquant Krigambo, notre destination, une belle petite dame dit :
« Voilà des festivaliers ! » Et je pouvais reconnaître la conteuse que j’avais vu à l’Institut français, lors du lancement officiel de la 7ème édition du festival Ahoko Kouah’in de contes. Nous avions donc trouvé, Herman et moi, des amis pour faire route ensemble… deux conteuses et un instrumentiste.

Nous embarquions dans le véhicule indiqué. Une voiture de sept places, hormis celle du conducteur, et, qui devait accueillir deux personnes de plus. Une au niveau des places du milieu et une autre coté copilote… On espère trouver des contrastes morphologiques pour facilement faire l’affaire. Sinon, en s’en fout ! Les gens des gares en tout cas. Aux clients de se démerder. Et encore, dans ces cas-là, nous les « minces » sommes bien cherchés pour être écrasés ! Quand on a demandé pourquoi c’était ainsi, pourquoi la surcharge, le malhonnête de chauffeur qui nous a finalement emmené pour nous jeter au cœur de Pakouabo en nous laissant livrés à nous-mêmes – ce n’était pas pour cette destination qu’on avait payé – répondit qu’il avait « trouvé le mouvement comme ça. »

Après nos efforts pour trouver la bonne formule et nous installer dans le véhicule et après un moment à attendre le conducteur qui semblait introuvable, on nous demandait de descendre parce que c’était finalement un autre qui devait nous emmener… Celui du petit homme noir à la barbe style Arafat Dj à l’époque de « Kpangor » mais à la coupe de Kaaris, le malhonnête qui allait nous montrer « couleur ».

En pleine migration d’une voiture à une autre, en plein milieu de la piste, un homme m’interpella en m’indiquant un groupe d’autres hommes assis sous un arbre. Je voulais continuer mon chemin quand il me maintenait par le poignet. J’exigeais alors qu’il me lâche, ce qu’il fît.

Les échanges avec les autres festivaliers s’intensifièrent. Nous apprenions ce que ceux avant nous avaient déjà subi. Quand Thérèse YAO, transitaire et conteuse demanda des tickets pour Krigambo, on lui dit que personne n’y était allé depuis… 🙄 et on commença à lui raconter des histoires…

Nous attendions encore un moment, à nouveau, déjà emboîtés comme des bûchettes pleines dans leur emballage, celui qui en pleine route, nous apprenait ne pas savoir notre destination, ne pas avoir reçu ce qu’il fallait comme argent pour nous y conduire pendant que nous étions cinq personnes à monter pour Krigambo. Je pense que la remarque de notre conteuse, madame Thérèse YAO, à propos de la fumée de cigarette, gênante, distillée dans les airs, vraisemblablement par notre méchant conducteur assis à quelques pas du véhicule, avant le départ, avait été l’une des raisons de notre mauvais traitement. Mais non, ce n’était pas la première fois ! Un témoignage reçu plus tard par un autre conteur ayant vécu situation similaire allait nous faire réaliser le degré de mauvaise foi qui planait.

Nous échangions avec le chauffeur pour bien lui faire comprendre que nous avions payé ce qu’il faut pour être conduits jusqu’à Krigambo mais il ne voulait pas comprendre. De lui et de celui qui avait pris notre argent, qui mentait donc ? Nous nous posions des questions. Quand je pense que la situation avait pratiquement été prédite… Qu’on nous abandonne en pleine route, chose qui serait la suite logique de toute la maltraitance dont nous étions déjà victimes !
Herman proposa de payer la différence pour nous emmener mais ça encore il ne le voulait pas, le fou de chauffeur. Quel était finalement le problème ? Monsieur notre « frère » nous fit débarquer de sa picnic bleue dans Pakouabo et nous empruntâmes des motos-taxi 🏍 pour la suite. On avait là encore frôlé quelque chose de désagréable…


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