Dans le gbaka dans lequel je monte mardi 16 avril 2019 pour la Riviera 2, mon ancien quartier, un groupe de jeunes (deux jeunes femmes et un jeune homme), discutent. Ils sont assis sur les premiers sièges, après celui du conducteur, et, moi, juste après les leurs. 

Pendant un moment, j’échange avec ma voisine de circonstance, une belle femme noire de peau, plantureuse. Tout a commencé quand elle a demandé si  j’avais la monnaie pour régler les frais de mon voyage. On savait bien ce que cela pouvait nous coûter d’avoir à attendre notre monnaie, surtout s’il nous a été demandé de monter si et seulement si on l’a. Ces apprentis là … Enfin, certains d’entre eux … Même quand vous prévenez ne pas avoir la ou les pièces qu’il faut et qu’ils vous disent que vous pouvez quand même embarquer, il y a toujours raison de s’inquiéter. Tout ce qu’il les intéressent principalement, c’est faire le plein de passagers et récolter l’argent pour leur déplacement. Ainsi, on peut pour finir vous « associer » avec qui vous ne connaissez ni d’Adam ni d’Eve. Peu importe le fait que vous ayez des destinations différentes, à vous de faire en sorte de trouver la solution. Et, estimez-vous heureux que le gbaka atteigne la destination annoncée et que vous n’ayez ni à poursuivre, ni à faire la bagarre avec ceux que l’on dit qui se promènent avec leurs cercueils !
L’apprenti vous doit 200 CFA et 300 autres CFA à un client ? Il remet 500 CFA à l’un d’entre vous et se barre.
Mercredi 17, j’avais laissé entendre : <<Il faut compléter pour payer ton cercueil>>, à cause d’un apprenti-gbaka qui ne m’avait pas remis toute ma monnaie.  Je l’avais pourtant averti que j’avais 1000 CFA et que j’en payais 200 pour la distance Bingerville – Nouveau goudron. Qui connaît le tronçon sait qu’on ne paye normalement plus avec ce moyen de transport.
Ma monnaie ? Il manquait 100 CFA.
Je ne regrettais pas mes mots mais j’étais contente du fait qu’il n’y avait que mes voisins qui les avaient entendus. Qui sait ce que ce fou m’aurait sinon fait quand il m’ouvrait la portière alors que les derniers mots sortaient de ma bouche ?
***
Nous parlions, la beauté noire et moi, de quelques expériences. Elle, me disait combien elle avait été surprise de la bonne conduite d’un chauffeur de gbaka à côté duquel elle avait fait un voyage. Elle l’avait félicité en lui demandant de continuer ainsi. Cela semblait si rare dans la capitale Abidjan … On comptait une multitude de chauffards dans le secteur du transport, et pas que ! Moi, je relatais mon expérience du samedi 13.
J’étais montée dans une sorte de car sur la ligne Riviera 2 – Yopougon. Il semblait neuf. Son conducteur éduqué. Il avait même demandé à deux jeunes femmes qui montaient avec les sandwichs qu’elles dégustaient de les finir avant.
<<Quand ce sera sale et qu’il y aura des fourmis, vous les passagers allez être les mêmes à vous plaindre. Quand vous finissez de manger, vous jetez les restes et les ordures là>>, avait-il dit.
Ah ! Cette affaire de jeter les ordures dans le rues, depuis un véhicule …
L’attitude de celles qu’il interpella m’avait néanmoins laissée triste. 
<<Donc si vous êtes prêts à partir nous n’allons pas monter ?>>, dit celle qui était  déjà bien avancée. Et, à l’autre qui traînait les pas et échangeait quelques mots avec l’interpelateur, elle lança :
<<Tu as le temps de discuter avec lui (…) monte !>>.
Moi, à la place du conducteur, elles ne seraient pas montées. J’aurai attendu d’autres clients. Ces jeunes femmes se sont assises près de moi et n’ont même pas daigné dire bonjour. 
***
Dans le gbaka dans lequels les jeunes devant moi causent mardi 16, le ton de la voix de la femme à l’extrême gauche, que je pouvais  mieux voir, de profil, m’attire. Il est clair qu’elle est belle. Elle a un haut de couleur chaude, de belles lèvres que j’aperçois en partie, pulpeuses, maquillées d’un beau rouge assez vif. Ses yeux laissent deviner qu’ils sont ronds, beaux. Peut-être qu’elle a senti mon regard sur elle. Je suis partagée entre plusieurs sentiments, finalement. Je remue la tête, à la façon d’une personne déçue, repugnée. J’avais eu des sensations désagréables, pires.
***
Dans le véhicule tout propre qui devait nous conduire à la cité de la joie et dans lequel j’étais assise sur un siège tout au fond avec mes voisines mal éduquées, plusieurs choses m’avaient surprise.
Il y avait aussi cette femme en chair, sexy, extrêmement maquillée et artificiellement depigmentée, dont le teint transparent laissait voir des veines vertes. C’était terrible pour mes yeux et mon esprit. Mais à celle-là, je n’avais osé dire mot. Pourtant j’aurais tant voulu le faire … J’aime dire que persister dans la bêtise alors qu’on a plus de 30 ans, c’est être tristement et bien malheureusement une gangrène pour la société.
***
Il y avait autre chose. De profil, je voyais ses yeux qui s’ouvraient et se refermaient très vite. Elle portait de si longs cils artificiels … et je me souvenais de quand j’en m’éttais régulièrement et des paroles de mon père.
<<Connais-tu le rôle des cils ? Sais-tu combien les yeux sont fragiles ? >>.
A la descente, j’étais toute triste. Je pensais encore :
<<Voilà une autre femme, une potentielle éclaireuse qui semble toujours avoir les yeux fermés. La beauté, ce n’est pas ça, pas essentiellement … >>. Puis, je l’aperçu. Mon cœur se mis à battre plus intensément. Il fallait que je lui parle.
-Bonsoir Madame, vous êtes belle vous savez ?
-Merci, répondit-elle avec un beau sourire.
Elle était vraiment belle ! Bien mise !
-Est-ce que je peux vous parler un moment ? A l’entente de ces mots, elle s’empressa de me dire qu’elle était pressée. Je pouvais comprendre. Avec toute l’insécurité que l’on sait …
J’insistais quand même.
-C’est à propos des « faux cils »
-Oui, qu’est-ce qu’ils ont ?
-Vous risquez d’avoir des problèmes d’yeux … je les mettais moi-même …
-Merci.
Sa réponse et sa façon de faire … j’étais contente. Je savais que je lui en avait donné à réfléchir. Peut-être m’avait-elle prise pour ces croyantes qui prônent la non utilisation d’un tas de choses : maquillage, bijoux, mèches … moi, je ne suis pas encore dans cet extrême ! Ça, c’est encore une autre histoire !
Quand on sait comment ces faux cils se mettent par ici et à quoi ressemblent les femmes qui y sont accoutumées lorsqu’elles ne les mettent pas …

Merci de me juger 😜 , de suivre mon actualité, de vous abonner ! A bientôt pour un autre partage ! 🙂 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Un site Web propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :