Il y a 5 mois, l’après-midi du vendredi 06 juillet 2018 exactement, mon téléphone se mit à sonner alors que je n’étais pas vraiment disposée à prendre l’appel. C’était un bon ami commerçant qui essayais de m’avoir au bout du fil. Je pensais rappeler mais j’avais fini par décrocher, comme il insistait. Le début de la communication ne fut pas aisée. Il semblait ne pas pouvoir parler correctement.

Bien qu’il s’agisse d’une affaire dans laquelle une connaissance est impliquée, je tiens à signifier que je ne fais que rapporter les faits qui m’ont été relatés (même si je ne m’exprime pas qu’au conditionnel) et que j’interviens pour me poser et poser des questions, aussi en raison des éléments (messages, photos, enregistrements audio et vidéo) en ma possession. Je reconnais qu’il serait bienséant d’avoir des informations de l’autre partie mais je considère ma sortie comme un « appel à réactions » .  

« Les contrôleurs d’Uniwax sont entrain de vider mon magasin » , m’avait-il dit. Pourquoi ? Avais-je tout de suite demandé. Mon ami m’appris que les visiteurs inattendus avançaient effectuer une action dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon. Ils faisaient donc des sacs contenant une partie de la marchandise (des pagnes de marque Hitarget) , de la boutique. J’avais conseillé d’enregistrer les dires, de filmer discrètement la scène ; même de faire un direct sur Facebook. Ce jour-là, nous avions été au téléphone plusieurs fois, pour s’informer sur les événements. Les « visiteurs » étaient accompagnés d’hommes en tenue. Pour lutter donc contre la contrefaçon, la société leader du pagne en Côte d’Ivoire avait fait saisir plusieurs pagnes soupçonnés d’être faits de motifs plagiés.

En demandant à mon ami de se rendre dans le commissariat le plus proche pour faire part de ce qu’il était arrivé, puisque le déroulement ressemblait à un abus de pouvoir (abus d’autorité un gendarme qu’il avait consulté plus tard avait dit), il ne manqua pas de me rappeler que la « délégation » était elle-même composée d’agents chargés de garantir la sécurité et l’ordre. Et je me souvins de ce soir où j’avais donné 5000 francs CFA à un homme en tenue de policier, dans l’enceinte d’un commissariat, pour pouvoir partir avec un ami qui avait été raflé. Aucun lien peut-être J’avais fait une communication qui l’évoquait cette année même, bien qu’il date, et qui avait pour titre :  ABUS de POUVOIR, CORRUPTION, TRAVAIL MAL FAIT …
Les NTICs, la SOLUTION ? Mon récit :

« Nous avions été partager un pot dans un petit coin de mon ancien quartier, pratiquement installé dans ma cité, à la Riviera 2. Mon ami et moi nous séparâmes avant minuit. A la maison, je m’apprêtais à faire une accolade à Morphée quand mon portable se mit à sonner. Qui m’appelais à cette heure indue? Je ne voulais pas répondre. Mais, je pensais :
« Peut-être qu’un(e) ami(e) a un souci, peut-être que celui avec lequel j’étais voulait me parler pour signifier qu’il était sain et sauf chez lui, à partir du téléphone d’un tierce parce que ne pouvant pas le faire du sien … !  « 

Effectivement, c’était mon ami de classe, avec qui j’étais quelques instants plus tôt.
Il était au commissariat le plus proche. Il voulait que je lui envoie 5000 francs CFA, somme qu’il fallait donner avant qu’il puisse rentrer chez lui.

Quelques éléments des faits :
En route pour la maison (à 10 minutes environ de marche de ma cité), un véhicule se gara à quelques mètres de lui. Des policiers procédaient à une rafle. Il avait été embarqué pour le commissariat.

Sur place, je ne voulus pas tout de suite donner l’argent. Je me mis à poser des questions, ce qui vraisemblablement dérangeait l’homme en tenue, qui resta à l’écart un assez bref laps de temps et me demanda de parler plutôt avec mon ami. Nous étions dans la cours du commissariat, assis sur un banc.
Je jetais un coup d’œil à l’intérieur de l’espace qui ressemblait à une salle d’accueil.
Les agents à l’intérieur me demandèrent alors s’il y avait un problème — dans le genre yakoi ? — Je répondis par la négative.

Quelques une des questions (qui semblaient déranger puisque l’homme en tenue qui était avec mon ami ne voulait plus parler avec moi) avaient pour objectif, naturellement, de comprendre. Il me dit quand même qu’il s’agissait d’une rafle systématique et que pendant ce genre de rafle, que vous ayez vos papiers ou pas, on vous embarquait. Une voiture aurait été volée ce soir-là, raison de l’opération.
Et, selon ce qu’il était dit, mon ami aurait été déféré si on ne lui permettait pas de partir.
Permission obtenable par une « rançon » de 5000 francs CFA, un deal entre autorité et citoyen ! Je savais bien que c’était n’importe quoi. La preuve, quand je voulu savoir les références du malfrat en tenue, il afficha une grande réticence. Mais bon, la somme fut donnée et nous sommes parti. Quand j’ai vu cette maman venu chercher son fils dans ledit commissariat, je fus si peinée … tous ces pauvres gens qui se font arnaquer … J’avais pu avoir, bonne stratège, le numéro de l’homme en tenue. Je lui avais dit que nous l’appellerions en cas de besoin, si une situation malheureuse se présentait un jour.
Ma véritable intention était de le dévoiler … »

Les commentaires à propos de mon récit et d’autres réalités relatées m’avaient un peu retournée. Oui … Certains disaient que j’avais l’air bien naïve car les personnes habilitées à réguler la société, à établir la justice, sont bien souvent la source des maux de nos sociétés.

Revenons-en au sujet du jour. Rendez-vous avait été donné aux commerçants dont les pagnes avaient été emportés pour le lundi 9 juillet 2018, au siège du Comité National de Lutte contre la Contrefaçon (CNLC), à la Riviera Golf. Sur les lieux du RDV, il a été demandé par un sieur de donner une certaine somme d’argent (1 million de francs CFA) pour récupérer une partie des éléments confisqués, m’a-t-on relaté. Ainsi, M. X aurait empoché l’oseille et menacé quiconque oserait parler de l’affaire. Un autre homme rassurait quant à lui qu’il se chargerait de prévenir de l’arrivée des contrôleurs afin de fermer les magasins quand une opération devrait être lancée. Cet arrangement serait de coutume quand on fait « affaire » . Récemment, j’ai vu plusieurs communications de commerçants mécontents. Tout ceci occasionne de réelles problématiques.

Lutter contre la contrefaçon, est-ce faire irruption dans des commerces et confisquer de la marchandise, aller vérifier ce qui est contrefait puis demander de l’argent afin de restituer certains éléments ?  

Comment expliquer que les pagnes qui favorisent la concurrence illégale se retrouvent sur le sol ivoirien ? Sont-ils fabriqués en Côte d’Ivoire ou par les commerçants qui en font le trafic ? S’attaque-t-on à la queue plutôt qu’à la tête du monstre que l’on dit combattre ? 

Si le pagne est un élément qui traduit l’africanité, sachant que les pays d’Afrique sont généralement pauvres parce que la majorité des populations vit sous le seuil de pauvreté, combien de personnes peuvent s’acheter des pagnes qui coûtent au minimum 5000 francs CFA ? Quel est donc la clientèle visée ? 

« Engager une procédure légale pour régler tout ceci serait une perte de temps, on a peur car ils connaissent les grands dans ce pays » ; voilà le genre de propos que des citoyens ont.

Selon le dicton, « pauvre a tort » . Existe-t-il à tort ?


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