Vous lirez l’article fou ici et la version « normale » 😅

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Nous sommes à M’Batto, dans la région du Moronou, à environ 250 Km de la capitale économique Abidjan. Un moyen de transport en commun s’est développé dans la commune où la majorité des populations ne pouvait compter que sur leurs pieds pour se déplacer.

Si au fil du temps, les personnes pouvant s’acheter des engins à deux roues, en l’occurrence les fonctionnaires et les commerçants, arrivaient à réduire les grandes distances, il n’en demeure pas moins que ça n’était pas le cas, encore pour un grand nombre.

Alors que dans plusieurs autres villes du pays, dont Bongouanou (à 45 km de M’Batto), des taxis permettaient de rallier différents points en payant 200 ou 300 francs CFA, ou plus passé minuit (double tarif) ; à M’batto, il ne fallait pas y compter. Les taxis-brousse ne faisaient surtout que les lignes M’batto – villages de la sous-préfecture. Sinon, la course de ces taxis dans la commune ne coûtait pas moins de 1000 francs pour la plus petite distance. Leurs tarifs n’étaient donc pas accessibles au gros de la population.

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L’arrivée des taxis moto a permis de changer la donne, puis, celle des premiers « Abouba » a carrément donné une nouvelle allure à M’Batto. Il y a bientôt un an maintenant que sont apparu les taxis tricycles « Abouba ». « Bouba », c’est la « tortue » en agni. « ba » signifie « enfant », dans la même ethnie. « Abouba », c’est donc l’enfant ou le petit de la tortue. Ce nom à été donné au tricycle du fait de sa ressemblance avec le reptile, nous a-t-on appris.

Les prix des voyages varient entre 100 et 500 francs CFA, voire plus, selon la distance et la prestation. Certains clients optent pour la location des tricycles aussi appelés « Alamaga », « allons seulement », en «dioula », l’une des autres langues les plus parlées dans le département.

Les enfants ne manquent pas de dire en chœur et de façon répétée « Abouba l’auto », à la vue de l’engin de 4 places assises, en dehors de celle du conducteur et qui pourtant, peut être parfois plein de 7 personnes ! Comme on peut le voir pour les gbakas à la capitale économique Abidjan, il existe aussi des apprentis pour inviter les clients à embarquer, surtout sur la ligne des villages environnants (Assoumoukro, Diékadiokro, Assiè Akpessé, Ahounan…).
L’usage des tricycles a, selon plusieurs sources concordantes, été initié à M’batto par une native de la région résidant aux Etats-Unis. C’est elle qui aurait fait venir les premiers « abouba » à M’Batto. Plusieurs autres sont par la suite arrivés par un mécanicien de la ville et viendraient de Bouaké où ils sont fabriqués. Le coût du tricycle, selon nos sources, avoisine les deux (2) millions. Ils sont en service dès 4 heures le matin, heure de départ des premiers cars en destination d’Abidjan, afin de conduire les voyageurs aux différentes gares. Leurs journées de travail se terminent à 20 heures ou plus tard, selon l’affluence. Un jeune conducteur nous a confié qu’il dépense 4 mille francs par jour pour le réservoir et doit ramener la somme de 11 mille francs CFA au propriétaire de l’engin. La différence de la recette leur revient alors.

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Les conducteurs des « Alamagas » noirs, jaune et vert, jaune et noirs, rouges… Sont pour la plupart des élèves. Certains d’entre eux auraient malheureusement tourné le dos à l’école, nous a révélé un jeune élève qui lui avance qu’il va continuer d’y allé car : « si le propriétaire ne veut plus de son service, que va-t-il alors faire ? ».
La pluparts de ces « nouveaux riches », investissent les maquis de la cité et sont très appréciés de la gente féminine, des jeunes élèves.

M’Batto s’inscrit, comme plusieurs autres villes de la Côte d‘Ivoire à ce jour, dans l’utilisation de tricycles comme taxis.


Merci à tous.

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